Culture & Divertissement: Agadir : Les hommes fleurs investissent Crocoparc

le 25/04/2016 20:20:18 446 lectures L’exposition s’étend jusqu’au 30 septembre prochain
L’artiste Hans Silvester, un militant pour l’écologie


Quel meilleur environnement pour accueillir les «Hommes fleurs» que le Crocoparc d’Agadir. Pour son exposition, le photographe Hans Silvester a visé juste en choisissant un espace exotique aux allures africaines, et où 300 crocodiles du Nil, cours d’eau, jardin botanique et nénuphars géants se côtoient.


«Hommes, femmes et enfants utilisent leur corps comme un espace d’expression artistique», explique l’artiste. «Et c’est avec un immense plaisir qu’ils peignent visage et corps, dans une recherche permanente de beauté», a-t-il ajouté. En fait, les gens immortalisés par l’objectif de Hans Silvester possèdent une capacité créative et une spontanéité digne des plus grands artistes. Il s’agit des peuples de la Vallée de l’Omo, région située à 600 km au sud-ouest d’Addis Abeba, et qu’il a rencontrés lors de son premier voyage en Ethiopie en 2002. Le constat qu’il fait est que chaque peuple a gardé sa propre identité, ses coutumes, sa propre langue. Là-bas, l’artiste découvre que les Mursis et les Suris, très isolés près de la frontière du Soudan, pratiquent toujours au quotidien la peinture corporelle. Après plus de 30 séjours, Silvester rapporte plus qu’un reportage-photo, mais un réel témoignage sur la vie de ces peuples. Les Hommes fleurs ont donc aujourd’hui élu domicile à Crocoparc qu’ils animent pour plusieurs mois durant, l’exposition ne prenant fin que le 30 septembre prochain.

Il faut préciser que ce militant allemand pour l’écologie a sillonné l’Europe et le monde à la recherche de nouveaux sujets pour ses reportages. Qui sont toujours en relation avec la nature et l’écologie. En 1965, il devient membre de l’agence Rapho. Un reportage sur la Camargue, en noir et blanc, marque le commencement de son succès. Suit alors une longue série de reportages dans le monde entier, notamment en Amérique du Sud, Etats-Unis, Japon, Portugal, Egypte, Tunisie, Hongrie, Pérou, Italie, Espagne… Chaque voyage donnant lieu à un livre ou à une publication, le plus souvent pour le magazine Géo. A partir des années 80, ses reportages sont marqués par son engagement écologiste et par les grands problèmes d’environnement dont la déforestation, les pluies acides, la surexploitation agricole, la pollution de l’eau, de l’air, de la terre…

Pour rappel, Hans Silvester a exposé ses photos dans les plus grandes galeries du monde, à Tokyo, New York ou encore à Sao Paolo, et en novembre dernier lors de la COP21 à Paris. A 78 ans, cet artiste est toujours en activité et réside depuis 1960 à Gordes en Provence.

L Economiste